Cette histoire est particulièrement machiste, mais je la raconte telle que je la connais.
Prométhée qui signifie
« prévoyant » était un Titan,
fils de Japet, un des frères de Saturne,
en bon terme avec Jupiter. Tout le contraire de son frère Epiméthée qui
n’était qu’un écervelé. Prométhée est plein de ressources et aime les hommes
qu’il plaint parfois. En fait, un contestataire. Un jour de chasse une bête est
tuée et comme d’habitude, une fois la peau enlevée, on partage la chair qui a
bien été grattée des os afin que ceux-ci soient lisses et propres.
Prométhée fait deux tas, dans l’un il groupe les os bien
propres recouverts d’une mince couche de graisse bien appétissante et dans
l’autre la chair nourrissante est placée dans l’estomac de la bête, d’un aspect
peu ragoutant.
Prométhée présente les deux paquets sur la table de Jupiter afin
qu’il choisisse celui qu’il désire conserver. Il dédaigne la panse visqueuse
contenant la bonne chair à manger et garde celui qui semble le plus agréable à
l’œil, grâce à la graisse blanche qui enveloppe les os. Quand il défait le
paquet, il découvre les os et pique sa colère. Prométhée a réussi à duper le
roi de l’Olympe.
Le problème de l’humain est qu’il a constamment besoin de
renouveler ses besoins en nourriture alors que les dieux se contentent d’offrir
des sacrifices… et boire de l’ambroisie.
Mais si l’on réfléchit bien, les hommes ont reçu la
nourriture qui une fois digérée n’est plus rien, alors que les os sont la
structure même de la personne dans laquelle coule la moelle qui nourrit le
cerveau et la semence de l’homme.
Furieux que Prométhée l’ait trompé par la ruse, il confisque
le feu, obligeant les mortels à se nourrir de viande crue, ce qui est un
désastre car ils ne sont pas des cannibales. Mine de rien, Prométhée fait un
tour dans l’Olympe une branche de fenouil à la main. Contrairement aux autres
plantes qui sèchent de l’extérieur, la branche de fenouil est humide à
l’extérieur et sèche à l’intérieur. Il passe rapidement cette branche sur une
étincelle de feu et la ramène aux mortels.
En même temps que le feu, Jupiter pour punir les hommes leur
avait enlevé les céréales qui poussaient toutes seules, sans effort. Le feu
revenu de la main de Prométhée, il leur faut désormais le cacher tout comme il
faut aussi cacher les graines dans le sol après un travail harassant, afin que
germent les épis. On retrouve là la naissance de l’agriculture et le travail à
la sueur du front. Il faut également devenir prévoyant et conserver une partie
des récoltes pour la semer à la saison suivante. L’homme apprend ainsi à gérer
ses ressources pour se maintenir en vie.
Mais on ne parle pas encore de la femme qui n’existe pas. Et
Jupiter promet un petit chien de sa chienne à Prométhée pour le punir de ses
ruses.
Il convoque les déesses et les dieux mineurs et demande à
Vulcain de fabriquer avec de la glaise mouillée une forme de jeune fille, aux
traits gracieux. Mercure est chargé de l’animer, lui donner une voix, y placer
des mots menteurs et la doter d’un esprit de voleuse. Vénus et Minerve lui
choisissent de jolis vêtements, des parures, des parfums. Pour finir, Vulcain
pose un diadème sur ses cheveux brillants. L’archétype de la femme est superbe.
L’important est que son aspect soit trompeur. Elle saura cacher ses émotions.
Ainsi est née Pandora, semblable à une enfant de Nuit qui
détient tous les maux, la mort, les maladies, les famines, les guerres.
Prométhée qui est clairvoyant voit ce qui menace les hommes
et va rendre visite à son frère Epiméthée, le prévenant de refuser tout cadeau
que pourrait lui offrir Jupiter au risque de grands malheurs et de le renvoyer
d’où il vient.
Mais quand Pandora ouvre la porte, il est ébloui, la fait
entrer, l’accueille chaleureusement et l’épouse. Installée chez les humains,
commencent leurs malheurs.
Cette Pandora ne se satisfait jamais, n’est jamais comblée,
rassasiée. Elle a toujours faim, se nourrit constamment et à peine Épiméthée
a-t-il ramené de la nourriture, qu’elle dévore tout. De plus, elle l’épuise
physiquement. Les Grecs prétendent que fabriquée avec de la glaise et de l’eau,
les femmes appartiennent à un univers humide alors que les hommes ont plutôt un
tempérament apparenté au sec, au chaud, au feu.
Elle est donc la première épouse humaine et Jupiter lui
murmure à l’oreille tous les méfaits qu’elle doit accomplir. Comme dans toutes
les maisons, il y a des jarres qui contiennent les réserves de grain, d’huile,
de vin. Épiméthée lui a dit qu’elle pouvait jouir de tout ce qu’elle voulait
sauf ouvrir cette jarre, cachée au fond, sous peine de grands malheurs.
Il ne fallait pas en dire plus pour que la curiosité et le
conseil empoisonné de Jupiter ne la fasse se diriger justement vers cette
jarre. Elle pense que son mari y a caché je ne sais quel trésor qu’il lui
refuse et alors qu’il est parti s’échiner dans les champs, elle ouvre le
couvercle.
Que n’avait-elle fait ? Immédiatement s’échappent
toutes les maux qui y avaient été enfouis, les maladies, la mort, les guerres,
les famines. Effrayée par ce qu’elle voit sortir de là elle referme tardivement
le couvercle alors qu’est resté l’espoir qui n’a pas eu le temps de s’échapper.
Prométhée a échappé au mariage aussi Jupiter le condamne
t-il a être enchaîné à un rocher, le foie dévoré chaque jour par un aigle,
organe qui repousse chaque nuit pour que l’oiseau puisse s’en repaitre le
lendemain.

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