vendredi 13 octobre 2017

Prométhée



Cette histoire est particulièrement machiste, mais je la raconte telle que je la connais.

Prométhée  qui signifie « prévoyant »  était un Titan, fils de Japet, un des frères de Saturne,  en bon terme avec Jupiter. Tout le contraire de son frère Epiméthée qui n’était qu’un écervelé. Prométhée est plein de ressources et aime les hommes qu’il plaint parfois. En fait, un contestataire. Un jour de chasse une bête est tuée et comme d’habitude, une fois la peau enlevée, on partage la chair qui a bien été grattée des os afin que ceux-ci soient lisses et propres.

Prométhée fait deux tas, dans l’un il groupe les os bien propres recouverts d’une mince couche de graisse bien appétissante et dans l’autre la chair nourrissante est placée dans l’estomac de la bête, d’un aspect peu ragoutant.

Prométhée présente les deux paquets sur la table de Jupiter afin qu’il choisisse celui qu’il désire conserver. Il dédaigne la panse visqueuse contenant la bonne chair à manger et garde celui qui semble le plus agréable à l’œil, grâce à la graisse blanche qui enveloppe les os. Quand il défait le paquet, il découvre les os et pique sa colère. Prométhée a réussi à duper le roi de l’Olympe.

Le problème de l’humain est qu’il a constamment besoin de renouveler ses besoins en nourriture alors que les dieux se contentent d’offrir des sacrifices… et boire de l’ambroisie.

Mais si l’on réfléchit bien, les hommes ont reçu la nourriture qui une fois digérée n’est plus rien, alors que les os sont la structure même de la personne dans laquelle coule la moelle qui nourrit le cerveau et la semence de l’homme. 

Furieux que Prométhée l’ait trompé par la ruse, il confisque le feu, obligeant les mortels à se nourrir de viande crue, ce qui est un désastre car ils ne sont pas des cannibales. Mine de rien, Prométhée fait un tour dans l’Olympe une branche de fenouil à la main. Contrairement aux autres plantes qui sèchent de l’extérieur, la branche de fenouil est humide à l’extérieur et sèche à l’intérieur. Il passe rapidement cette branche sur une étincelle de feu et la ramène aux mortels.

En même temps que le feu, Jupiter pour punir les hommes leur avait enlevé les céréales qui poussaient toutes seules, sans effort. Le feu revenu de la main de Prométhée, il leur faut désormais le cacher tout comme il faut aussi cacher les graines dans le sol après un travail harassant, afin que germent les épis. On retrouve là la naissance de l’agriculture et le travail à la sueur du front. Il faut également devenir prévoyant et conserver une partie des récoltes pour la semer à la saison suivante. L’homme apprend ainsi à gérer ses ressources pour se maintenir en vie.

Mais on ne parle pas encore de la femme qui n’existe pas. Et Jupiter promet un petit chien de sa chienne à Prométhée pour le punir de ses ruses.

Il convoque les déesses et les dieux mineurs et demande à Vulcain de fabriquer avec de la glaise mouillée une forme de jeune fille, aux traits gracieux. Mercure est chargé de l’animer, lui donner une voix, y placer des mots menteurs et la doter d’un esprit de voleuse. Vénus et Minerve lui choisissent de jolis vêtements, des parures, des parfums. Pour finir, Vulcain pose un diadème sur ses cheveux brillants. L’archétype de la femme est superbe. L’important est que son aspect soit trompeur. Elle saura cacher ses émotions. 

Ainsi est née Pandora, semblable à une enfant de Nuit qui détient tous les maux, la mort, les maladies, les famines, les guerres.

Prométhée qui est clairvoyant voit ce qui menace les hommes et va rendre visite à son frère Epiméthée, le prévenant de refuser tout cadeau que pourrait lui offrir Jupiter au risque de grands malheurs et de le renvoyer d’où il vient.

Mais quand Pandora ouvre la porte, il est ébloui, la fait entrer, l’accueille chaleureusement et l’épouse. Installée chez les humains, commencent leurs malheurs.

Cette Pandora ne se satisfait jamais, n’est jamais comblée, rassasiée. Elle a toujours faim, se nourrit constamment et à peine Épiméthée a-t-il ramené de la nourriture, qu’elle dévore tout. De plus, elle l’épuise physiquement. Les Grecs prétendent que fabriquée avec de la glaise et de l’eau, les femmes appartiennent à un univers humide alors que les hommes ont plutôt un tempérament apparenté au sec, au chaud, au feu.

Elle est donc la première épouse humaine et Jupiter lui murmure à l’oreille tous les méfaits qu’elle doit accomplir. Comme dans toutes les maisons, il y a des jarres qui contiennent les réserves de grain, d’huile, de vin. Épiméthée lui a dit qu’elle pouvait jouir de tout ce qu’elle voulait sauf ouvrir cette jarre, cachée au fond, sous peine de grands malheurs.

Il ne fallait pas en dire plus pour que la curiosité et le conseil empoisonné de Jupiter ne la fasse se diriger justement vers cette jarre. Elle pense que son mari y a caché je ne sais quel trésor qu’il lui refuse et alors qu’il est parti s’échiner dans les champs, elle ouvre le couvercle.

Que n’avait-elle fait ? Immédiatement s’échappent toutes les maux qui y avaient été enfouis, les maladies, la mort, les guerres, les famines. Effrayée par ce qu’elle voit sortir de là elle referme tardivement le couvercle alors qu’est resté l’espoir qui n’a pas eu le temps de s’échapper.

Prométhée a échappé au mariage aussi Jupiter le condamne t-il a être enchaîné à un rocher, le foie dévoré chaque jour par un aigle, organe qui repousse chaque nuit pour que l’oiseau puisse s’en repaitre le lendemain.

Il sera cependant sauvé. Pour le savoir, il faut lire l’histoire de Chiron.

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