vendredi 13 octobre 2017

Phaëton



Il était un adolescent qui un jour osa s’approcher du palais du Soleil où scintillaient l’or, l’ivoire et les joyaux.  Arrivé devant la salle du trône où siégeait le Soleil, il dût s’arrêter ébloui.

Le Soleil surpris qu’un jeune mortel se soit aventuré jusqu’en son palais lui demanda la raison de sa venue. Ma mère Clymène m’a dit que vous étiez mon père, répondit-il. Est-ce vrai ? Effectivement, tu es mon fils et pour te le prouver, demande moi ce que tu veux et je l’exaucerais.

A peine prononcés ces derniers mots, il s’en repentit pressentant que la requête serait exorbitante.  Le jeune homme avoua qu’il avait souvent admiré la course des chevaux qui donnait la lumière au monde et se demandait quelle impression cela ferait de les conduire.

Conscient de la folie de la requête mais ne pouvant revenir sur la parole donnée, le Soleil consenti à lui céder les rênes de ses chevaux lui prodiguant cependant plusieurs recommandations, alors qu’aucun mortel n’avait pu les conduire avant lui.

Prends garde l’avisa t-il car la route s’élève de la mer par un chemin si raide que les chevaux fatiguent à la gravir mais le plus difficile est la descente si profonde que les dieux de la Mer s’interrogent de la façon dont on évitera la chute. Ces chevaux sont fougueux et sentiront bien que ta main est insécure. Lors de ta route, tu rencontreras des animaux féroces comme le Taureau, le Lion,  le Scorpion qui chacun tentera de te nuire.

Mais Phaëton, jeune homme intrépide ne se laissa point faiblir par la crainte des dangers du voyage. Il était fils du Soleil et saurait se montrer digne.

Et le voilà parti, guidant les chevaux attelés au char. Emporté par sa joie, dans une sorte d’extase, il laissa les chevaux monter jusqu’au firmament et se senti maître du monde. Les chevaux ne se sentant plus fermement guidés s’emballèrent, oscillant de droite à gauche, évitant de justesse une collision avec le Scorpion.

Phaëton, mort de peur laissa tomber les rênes et la course prit une allure encore plus folle. Les montagnes les plus hautes furent les premières à s’embraser, la terre devint un immense brasier et les fleuves mis à sec. Phaëton désirait que tout s’arrête et la Terre mère lança un cri d’alarme à l’Olympe. Jupiter l’entendit et lança un éclair vers le char qui tomba dans les eaux de la mer. Le fleuve Eridan le reçut et éteignit les flammes. Ainsi mourut l’intrépide  et orgueilleux Phaëton.

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