Mais pourquoi cette guerre
a-t-elle eut lieu ? Je vais vous le raconter brièvement.
Il y a fort longtemps, Priam et
son épouse Hécube régnaient sur Troie. Une nuit, Hécube rêva qu’elle mettait au
monde une torche enflammée qui incendiait et détruisait la ville. Impressionnée
par ce mauvais présage, elle confia l’enfant qui venait de naître à un
serviteur lui ordonnant de le faire disparaître. Mais cet homme au cœur tendre
se contenta de l’abandonner dans une forêt. Allaité pendant quelques jours par
une ourse, il fut recueilli par un berger qui l’éleva et le nomma Pâris. Et les
années passèrent.
Mais lors d’une fête donnée en
l’honneur du mariage de deux dieux, Pelée et Thétis, tout le monde fût invité
sauf Eris, déesse de la discorde, car tout un chacun craignait de juste raison
qu’elle ne gâche la fête. Ce qui ne manqua pas d’arriver car, vexée de n’avoir
point été conviée au festin, elle décida de jeter une pomme d’or sur une table
sur laquelle elle avait fait graver « à la plus belle ». Il va sans
dire que toutes les femmes se précipitèrent pour saisir cette pomme et une
grande bagarre s’ensuivit.
Jupiter fit de son mieux pour les
séparer et ne retint que trois déesses : Junon, son épouse, Vénus et
Minerve sa fille. Se sentant mal placé pour les départager et craignant certainement
pour sa propre paix en désignant l’une ou l’autre de ces trois femmes, il s’en
remit au jugement de Mercure qui lui conseilla de faire appel à un jeune homme,
simple et d’une grande beauté. C’est ainsi que fût désigné Pâris.
Amené au palais, il se trouva
devant ces trois déesses, l’une plus belle que l’autre et son choix s’avérait
difficile.
Minerve prit les devants et
assura le jeune homme que si elle gagnait cette étrange compétition, elle lui
enseignerait tous les arts de la guerre et il deviendrait ainsi le précieux
rempart des murailles de Troie. L’offre étant tentante pour un jeune homme mais
il voulu écouter ce que Junon lui proposerait.
Junon s’avança lentement vers lui
et lui promit qu’en tant qu’épouse de Jupiter, elle serait en mesure de le
faire régner sur l’Asie toute entière, gouverneur régnant en majesté sur un
trône éclatant, loin des risques belliqueux promis par Minerve.
Régner sur un si vaste
territoire, admiré et riche pouvait avoir quelques attraits mais il vit
s’avancer vers lui Vénus qui, pour mieux le séduire, avait dégrafé les voiles
qui recouvraient sa gorge. Les travaux de la guerre, les richesses de tous les
royaumes ont-ils plus d’attraits que l’amour de la plus belle femme du
monde ? Si tu me remets la pomme d’or, dit-elle, je promets de te donner
une compagne charmante et de te faire monter non pas sur un trône d’or, mais
dans le lit de la divine Hélène.
Et Pâris offrit la pomme d’or à
Vénus qui versa en son cœur une fougueuse envie de voir et obtenir celle qu’il
aimait déjà sans la connaître. Dans l’attente de son prochain départ, il
engagea des ouvriers et fit construire un navire.
Priam souffrait toujours de la
perte de l’enfant que la reine Hécube avait sacrifié en raison d’un mauvais
rêve et afin de commémorer la mort de cet enfant dont il ignorait la survie, il demanda
au maître de Pâris de lui donner un taureau qui serait offert au vainqueur d’un
jeu de luttes. Pâris aimait cet animal, choisit
de prendre part à la lutte et l’emporta sur tous les concurrents.
Cassandre sa sœur, avait reconnu
Pâris et le fit admettre au sein de la famille. Quelques temps plus tard, il
reçu Oenone pour épouse. Malheureuse jeune femme, car Pâris toujours hanté par
le souvenir d’Hélène promise par Vénus, quitta le foyer conjugal et sur son
navire, partit à la recherche de la beauté promise.
Il arriva ainsi à Sparte gouverné
par Ménélas, époux d’Hélène, fille de Jupiter et Leda qui surpassait toutes les
femmes en beauté au point d’égaler Vénus. Avant son mariage, les prétendants se
lièrent pour jurer de soutenir et défendre son époux, quel qu’il soit et de
combattre celui qui oserait violer son lit, fut–il Grec ou Barbare.
Pâris se présenta au palais et
fut reçu par Hélène. Ignorant qui elle était, il lui raconta que Vénus l’avait
désigné pour devenir l’époux d’Hélène. Ménélas avait la réputation d’être un
époux timide et Hélène consenti à suivre Pâris sans trop se poser de questions.
Et c’est ainsi que Pâris embarqua pour Troie, la ville de Priam avec celle qui
devait y porte mille désolations.
Cassandre avait reçu le don de
lire l’avenir mais de n’être jamais crue en raison d’une mésaventure avec
Apollon qui lui avait retiré le don de persuasion. Du haut des murailles de
Troie, elle vit arriver le jeune couple et pressenti que les portes s’ouvraient
sur l’auteur de ses ruines et de son embrasement.
Ménélas de son côté, éclata de
rage contre ce jeune homme qui avait abusé de son hospitalité et souillé la
gloire de sa maison. Son frère Agamemnon, roi de Mycènes, fit appel à tous ses
vaillants guerriers et tous, fidèles à leur serment, promirent de faire rendre
Hélène à Ménélas.
Les préparatifs de la guerre pour
réunir la flotte dura deux longues années. Agamemnon, frère du roi, fût désigné
pour commander la flotte. Un sacrifice fut offert aux dieux avant l’embarquement
et le devin Calchas présagea de longs travaux pénibles couronnés cependant d’une
gloire immortelle.
Mais le vent refusait de souffler
et les navires restaient immobiles. Désireux de savoir pour quelle raison les
dieux refusaient les vents propices, Agamemnon demanda à Calchas de lui en
révéler la raison. Il lui révéla qu’il avait un jour offensé Diane, déesse de
la chasse, en tuant sa biche préférée et pour apaiser son courroux lui demandait
de sacrifier sa fille Iphigénie.
Agamemnon aimait sa fille mais la
poursuite de la guerre lui semblait plus importante pour son honneur, aussi
lâchement demanda t-il à son épouse Clytemnestre de faire venir sa fille en
prétextant qu’Achille la voulait pour épouse.
On peut imaginer que la joie d’Iphigénie
fut de courte durée quand elle découvrit à quelles funèbres noces la conviait
son père.
Je crains malgré moi-même un malheur que j'ignore.
Mais au moment même où l’épée
allait trancher le cou de la belle Iphigénie, Diane dirigea la pointe vers le cœur
d’une biche qui tomba au pied de l’autel, toute inondée de sang. Calchas s’écria
que la déesse ayant jeté cette biche acceptait le sacrifice inachevé d’Iphigénie.
A peine achevait-il de parler qu’un
vent propice s’éleva, enflant les voiles et les Grecs joyeux partirent en
chantant délivrer Hélène, ignorant que cette guerre durerait dix ans.

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